Bosco, marcheur du Luberon.


Parti de Lourmarin, je longeai de l’ouest à l’est, le versant sud de la montagne. Je m’arrêtai longuement dans chaque village. Je visitai ainsi Vaugines, Cabrières, La Motte Saint - Martin-de-la-Brasque,Vitrolles et j’atteignis Peypin d’Aigues à la fin septembre (Le Trestoulas).

Cet itinéraire jalonne les lieux qu’il ne cessera de hanter et d’habiter. Il possède à Lourmarin un bastidon, modeste poste de guet qui semble être celui d’un chasseur à l’affût.

Un Luberon plein de « farouches mystères », au sens antique du mot. Domaine des échos et des oracles, où les arbres parlent, les plantes guérissent, les animaux sauvages sont porteurs de messages, le pays de la sauvagine, ce beau mot provençal qui émeut les chasseurs.

« Quelle (la montagne) fût peuplée de renards, de loups, de sangliers, de blaireaux, de martres, de fouines, d’écureuils), cela me paraissait chose si naturelle, et cependant si merveilleuse, que je l’avais appelée lou sauvadou de la feruno, le refuge des bêtes ».

Pour Henri Bosco le Luberon lui-même est une bête, la Bête. Couchée ou accroupie, elle respire, elle exalte de fortes odeurs, elle guette, elle attend .